top of page

Êtes-vous aidant sans le savoir ? Comment éviter l’épuisement et prendre soin de sa santé

  • Photo du rédacteur: claire le bris naturo
    claire le bris naturo
  • il y a 1 jour
  • 6 min de lecture


On imagine souvent qu’un aidant est une personne qui s’occupe au quotidien d’un proche âgé, malade, dépendant ou en situation de handicap.

Mais l’aidance est beaucoup plus large.

Il n’est pas nécessaire d’être présent tous les jours, ni de consacrer plusieurs heures par semaine à quelqu’un pour être aidant.

C’est parfois téléphoner régulièrement à un proche pour prendre de ses nouvelles, le rassurer ou l’aider à résoudre un problème.

C’est aller passer un week-end tous les mois ou tous les deux mois auprès d’un parent qui vit seul.

C’est gérer à distance ses rendez-vous médicaux, ses démarches administratives ou les interventions à domicile.

C’est accompagner un proche à un rendez-vous important, faire ses courses lorsqu’on est de passage ou organiser son quotidien.

C’est aussi être parent d’un enfant ayant des besoins particuliers : troubles « dys », TDAH, handicap, maladie chronique, difficultés scolaires ou de santé… avec tout ce que cela peut impliquer de rendez-vous, de démarches, d’organisation et de soutien.

Mais l’aidance peut aussi concerner un frère ou une sœur.

Par exemple, accompagner un frère ou une sœur atteint d’un cancer pendant une période de chimiothérapie ou de radiothérapie, l’accompagner à certains rendez-vous, l’aider dans les démarches, garder ses enfants, faire quelques courses ou simplement être présent dans une période particulièrement difficile.

On peut également soutenir un proche atteint d’une maladie chronique, l’aider ponctuellement lorsqu’il traverse une période plus compliquée, ou prendre le relais lorsque son autonomie diminue.

L’aide peut être très concrète, mais aussi plus discrète : chercher des informations, prendre des rendez-vous, remplir des dossiers, échanger avec les professionnels, écouter, rassurer ou simplement être disponible.

On peut être aidant à quelques kilomètres comme à plusieurs centaines de kilomètres, quelques heures par semaine, un week-end par mois ou seulement à certaines périodes de la vie.

Il n’y a pas de nombre d’heures à atteindre pour être aidant.

Et il n’est pas forcément nécessaire d’avoir une reconnaissance administrative particulière pour se reconnaître dans cette situation. La notion de proche aidant recouvre avant tout une réalité vécue : apporter régulièrement, à titre non professionnel, son aide à un proche confronté à la maladie, au handicap, à la perte d’autonomie ou à certaines difficultés du quotidien. Selon les aides ou les droits auxquels on souhaite accéder, des conditions et des justificatifs particuliers peuvent ensuite être nécessaires.


Et parfois, on ne se considère jamais comme aidant.

On pense simplement :

« C’est mon conjoint, mon frère, ma sœur, mon enfant, mon père, ma mère… c’est normal que je sois là. »

Pourtant, même ponctuelle ou à distance, cette aide peut représenter une charge physique, mentale, émotionnelle ou organisationnelle importante.





Quand l’aidance prend toute la place

Lorsque l’on aime quelqu’un, il est naturel de vouloir l’aider.

On s’adapte, on réorganise son emploi du temps, on accompagne, on anticipe, on trouve des solutions.

Et petit à petit, sans même s’en rendre compte, on peut commencer à mettre sa propre vie entre parenthèses.

Son propre rendez-vous médical peut attendre.

On dort moins bien.

On mange rapidement, entre deux obligations.

On abandonne une activité que l’on aimait.

On voit moins ses amis.

On ne prend plus vraiment le temps de souffler.

La charge mentale de l’aidant peut alors devenir de plus en plus importante : penser à tout, anticiper, organiser, surveiller, gérer les imprévus… parfois sans véritable temps de pause.

Et surtout, on finit parfois par considérer que tout cela est normal.

Parce que l’autre a davantage besoin de nous.

« Je n’ai pas le droit de me plaindre »

La culpabilité de l’aidant est fréquente.

On peut se sentir coupable d’être fatigué, de prendre du temps pour soi, de sortir, de demander de l’aide… voire même de ressentir parfois de l’agacement ou simplement l’envie d’être seul.

Lorsque l’on pense que son proche souffre davantage, il peut être difficile de dire :

« Moi aussi, je vais mal. »

Pourtant, les deux peuvent être vrais.

Votre proche peut avoir besoin d’aide et vous pouvez avoir besoin de souffler.

Vous pouvez aimer profondément quelqu’un et être épuisé par la situation.

Vous pouvez vouloir être présent et avoir besoin de temps pour vous.

Cela ne fait pas de vous un mauvais conjoint, un mauvais parent, un mauvais frère ou une mauvaise sœur.

Cela fait de vous un être humain.

L’épuisement de l’aidant : jusqu’où peut-on tenir ?

C’est une question difficile, mais essentielle.

Que se passe-t-il si celui ou celle qui aide n’a plus les forces de continuer ?

L’épuisement de l’aidant peut s’installer progressivement. La fatigue devient chronique, le sommeil se dégrade, le stress augmente et les moments de récupération disparaissent.

À force de vouloir tenir, certains aidants peuvent arriver à une situation de burn-out, avec le sentiment de ne plus avoir de ressources physiques ou émotionnelles.

Et lorsque l’aidant s’épuise, c’est aussi sa capacité à accompagner son proche dans la durée qui peut être fragilisée.

C’est pourquoi prendre soin de soi ne devrait pas être quelque chose que l’on fait « quand tout ira mieux ».

Avec l’aidance, il n’y aura peut-être jamais de moment où tout sera réglé.

Il faut donc apprendre à préserver ses propres ressources pendant que l’on aide l’autre.

Prendre soin de sa santé quand on est aidant

Prendre soin de soi ne signifie pas bouleverser toute son hygiène de vie ou ajouter de nouvelles contraintes à un quotidien déjà chargé.

Il s’agit plutôt de préserver quelques fondamentaux :

Dormir suffisamment, manger correctement, bouger, prendre l’air, conserver du lien social, avoir des moments de récupération, continuer à faire des choses qui nous font du bien.

Et ne pas oublier sa propre santé : consulter lorsque c’est nécessaire, ne pas repousser indéfiniment ses rendez-vous et rester attentif aux signaux que nous envoie notre corps.

Il ne s’agit pas de rechercher une hygiène de vie parfaite.

Mais de se demander :

« Qu’est-ce que je peux mettre en place, même modestement, pour ne pas m’oublier complètement ? »

Car la santé de l’aidant compte elle aussi.



Prendre du temps pour soi n’est pas égoïste

Une heure pour soi peut sembler dérisoire lorsque l’on a beaucoup de choses à gérer.

Et pourtant, elle peut être précieuse.

Une promenade.

Un café avec une amie.

Un livre.

Une sieste.

Une activité que l’on avait abandonnée.

Un soin.

Une séance de sauna.

Ou simplement quelques heures pendant lesquelles quelqu’un d’autre prend le relais.

Le répit de l’aidant n’est pas un luxe.

Demander un relais n’est pas abandonner l’autre.

Prendre une journée pour soi n’est pas être égoïste.

Dire « je n’en peux plus » n’est pas un échec.

C’est parfois au contraire le signe qu’il est temps de prendre soin de soi.

Et il n’est pas nécessaire d’attendre d’être au bord de l’épuisement pour demander du soutien.

Et vous, comment allez-vous ?

Lorsque l’on accompagne un proche, on pense naturellement :

Comment va-t-il ?De quoi a-t-il besoin ?Quel rendez-vous faut-il prendre ?Qu’est-ce que je dois faire ?

Essayez parfois d’ajouter une question :

Et moi, comment je vais ?

Est-ce que je dors correctement ?

Est-ce que je prends encore du temps pour moi ?

Est-ce que je vois les personnes qui me font du bien ?

Est-ce que je prends soin de ma propre santé ?

Est-ce que je peux continuer ainsi dans la durée ?

Ces questions ne sont pas égoïstes.

Elles sont nécessaires.

Parce que votre santé et votre équilibre sont aussi les ressources qui vous permettent d’être présent pour l’autre.

Vous n’avez pas besoin d’attendre le burn-out pour demander de l’aide

On peut être aidant sans en avoir conscience.

On peut aussi être aidant et ne pas se sentir légitime pour demander du soutien.

Pourtant, il n’est pas nécessaire d’être épuisé, de consacrer des dizaines d’heures à son proche ou d’être présent tous les jours pour avoir besoin d’aide.

Si vous accompagnez régulièrement quelqu’un, même à distance ou de manière ponctuelle, vous pouvez vous reconnaître dans la réalité des proches aidants.

Et vous n’avez pas besoin d’attendre que la situation devienne insupportable pour chercher du soutien.

Une ressource gratuite : Instants aidants

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, sachez qu’il existe des ressources pour les aidants.

Instants aidants, porté par la MSA, propose un accompagnement individuel et gratuit par téléphone aux personnes qui accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, quel que soit leur régime de sécurité sociale (CPAM, MSA ou autre caisse).

🎥 Vous voulez en savoir plus ?

La MSA présente le dispositif dans cette courte vidéo :

Des infirmiers référents proposent un accompagnement personnalisé pour faire le point sur votre situation, votre santé, vos besoins, vos droits, les possibilités de répit et les ressources qui peuvent vous être utiles.

📞 0 805 690 630 du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h appel gratuit.

Vous pouvez prendre contact avant d’être au bout du rouleau.

Parfois, le premier pas consiste simplement à parler de ce que l’on vit à quelqu’un qui sait écouter et qui peut aider à trouver des solutions.

bottom of page