L’oignon et les infections de l’hiver : usages traditionnels et précautions
- claire le bris naturo
- 4 janv.
- 4 min de lecture
Rhume, toux, nez encombré, fatigue… Les infections hivernales font partie du quotidien, en particulier chez les enfants et les personnes fragiles. Parmi les remèdes traditionnels les plus connus, l’oignon (Allium cepa) occupe une place de choix. Simple, accessible et largement utilisé en naturopathie familiale, il est souvent proposé pour soulager les affections respiratoires bénignes.
Cet article propose une approche claire, simple et sécuritaire: usages traditionnels, indications, posologies, âges, contre-indications et limites scientifiques.

Pourquoi utiliser l’oignon en cas d’infections hivernales ?
L’oignon est riche en composés bioactifs qui expliquent ses usages traditionnels dans les affections hivernales :
Composés soufrés (thiosulfinates) : responsables de l’odeur caractéristique de l’oignon, ils présentent des propriétés antibactériennes et antifongiques démontrées in vitro. Ces composés sont également retrouvés dans l’ail et le radis noir, plantes traditionnellement utilisées pour soutenir la sphère pulmonaire.
Quercétine : flavonoïde aux effets antioxydants et anti‑inflammatoires, étudié pour son intérêt potentiel dans les affections respiratoires et les phénomènes inflammatoires.
Composés volatils et effet irritant doux : traditionnellement associés à une action expectorante légère, favorisant la mobilisation des sécrétions bronchiques.
Au-delà de la sphère respiratoire, l’oignon possède un intérêt métabolique :
Il soutient les fonctions de détoxification hépatique, le foie ayant besoin de composés soufrés pour mener à bien certains processus enzymatiques.
Il est naturellement riche en inuline, une fibre prébiotique qui nourrit la flore intestinale. En favorisant l’équilibre du microbiote, l’oignon participe indirectement au bon fonctionnement du système immunitaire.
➡️ Les données cliniques chez l’humain restent limitées. Les usages décrits relèvent de la tradition et de l’empirisme éclairé, et s’inscrivent dans une démarche complémentaire, jamais substitutive à un traitement médical.

1. L’oignon en cataplasme
Objectif
Apporter une chaleur douce, décongestionner la sphère pulmonaire et favoriser le confort respiratoire lors de toux grasse ou d’encombrement bronchique léger.
Les bienfaits de l’oignon sur la sphère respiratoire sont décrits de longue date. Ses composés soufrés volatils expliquent son utilisation traditionnelle dans les bronchites et les états congestifs, de façon comparable à d’autres cataplasmes chauffants (farine de lin ou de moutarde).
Indications
Toux grasse
Congestion bronchique modérée
Refroidissements hivernaux sans signe de gravité
Préparation
Éplucher et émincer finement 1 oignon.
Le faire tiédir à la vapeur ou sur le rebord d'un couvercle sur une casserole d'eau chaude.
Envelopper l’oignon encore chaud (mais non brûlant) dans un linge propre.
Appliquer sur le thorax, la gorge, derrière les oreilles ou le haut du dos, jamais directement sur la peau.
Durée et fréquence
20 à 30 minutes, 1 fois par jour
Sur 2 à 3 jours maximum
Âge
À partir de 6 ans
Contre-indications et précautions
Peau lésée, eczéma, brûlure
Risque d’irritation cutanée
Ne pas utiliser chez le nourrisson
Vérifier la température avant application
Arrêter en cas de rougeur ou sensation de brûlure
2. Oignon cru coupé dans la chambre
Principe
Usage traditionnel visant à diffuser des composés volatils dans l’air ambiant.
Indications
Nez bouché
Toux nocturne légère
Mode d’emploi
Couper 1 oignon cru en rondelles
Le placer dans une coupelle près du lit (hors de portée des enfants)
Renouveler chaque soir
Ce que dit la science
Aucune preuve clinique solide d’efficacité
Effet probablement lié à la perception olfactive et à l’humidification locale
Âge
À partir de 3 ans, sous surveillance
Précautions
Aérer la chambre quotidiennement
Prudence chez les personnes asthmatiques ou très sensibles aux odeurs
3. Le sirop d’oignon maison
Intérêt
Le sirop d’oignon est l’usage le plus répandu. Il est traditionnellement utilisé pour apaiser la toux, favoriser l’expectoration et soutenir l’organisme lors des affections hivernales.
Le médecin Jean Valnet recommandait le sirop d’oignon en cas de rhume ou de grippe, à raison de 2 à 5 cuillères à soupe par jour chez l’adulte, notamment en présence de toux grasse.
Indications
Toux grasse ou mixte
Irritation légère des voies respiratoires hautes
Recette de base
Couper 1 ou plusieurs oignons en rondelles.
Dans un plat, alterner une couche d’oignon et une couche de sucre de canne (ou de miel selon l’âge).
Répéter les couches jusqu’à épuisement des ingrédients.
Laisser macérer 6 à 12 heures au réfrigérateur.
Filtrer et conserver le liquide au frais.
Posologies et âges
À partir de 1 an :
Sirop uniquement avec sucre (miel contre-indiqué avant 1 an)
½ cuillère à café, 1 à 2 fois par jour
Enfants 3–6 ans :
½ à 1 cuillère à café, 2 fois par jour
Enfants > 6 ans :
1 cuillère à café, 2 à 3 fois par jour
Adultes :
1 cuillère à soupe, 2 à 3 fois par jour
Contre-indications et précautions
Diabète (présence de sucre)
Intolérance digestive à l’oignon cru
Allergie aux alliacées
À fortes doses : risque d’irritation digestive
Prudence en cas de traitement hypoglycémiant
Contre-indications générales de l’oignon
Trouble digestif
Syndrome de l’intestin irritable (sensibilité aux FODMAP)
Prudence en cas de traitement anticoagulant (usage alimentaire habituel sans excès)
Conclusion
L’oignon est un remède traditionnel intéressant dans les infections hivernales bénignes, lorsqu’il est utilisé avec discernement, modération et bon sens clinique. Le croisement des approches naturopathiques et infirmières permet d’en faire un usage sécuritaire, complémentaire et éclairé, au service de la santé globale.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical.
« Les informations présentées s’appuient sur l’usage traditionnel, des données de physiologie connues et les recommandations générales issues de monographies de plantes médicinales. »



